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100 Milliards pour transformer le réseau électrique français | Louise Oriol, RTE    100 Milliards pour transformer le réseau électrique français | Louise Oriol, RTE   

100 Milliards pour transformer le réseau électrique français | Louise Oriol, RTE

Xavier Seux

On a une électricité stable, décarbonée, et on en vend même 20 % à l’étranger. Alors pourquoi faut-il investir 100 milliards d’euros dans notre réseau électrique d’ici 2040 ?


D’ici 2050, notre consommation d’électricité devra augmenter de 40 à 50 %, avec l’électrification de nos usages : voiture électrique, pompes à chaleur, industrie, centres de données. On parle beaucoup des moyens de produire cette nouvelle électricité, renouvelables, nucléaire, hydrogène. Mais l’offre est déjà en avance sur la demande : on sait aujourd’hui construire des champs solaires plus vite qu’on ne vend des voitures électriques.


Le défi est ailleurs, et on en parle moins : dans les tuyaux qui transportent cette électricité.


Acheminer cette électricité depuis l’ouest, où elle sera produite, vers l’est et le sud, où elle sera consommée. Maintenir l’équilibre entre production et consommation à chaque seconde, alors que l’électricité ne se stocke presque pas. Et rendre le réseau flexible, pour ne pas avoir à le dimensionner pour des pics de consommation qui n’arrivent que quelques heures par an.


Pour comprendre tout ça, j’ai invité Louise Oriol, cheffe du service prospective réseau chez RTE. Son métier : imaginer à quoi devra ressembler notre système électrique en fonction de nos usages futurs.


On a parlé de ce qu’implique la transformation d’un réseau entier sur vingt ans, des quatre leviers de flexibilité (effacement, stockage, pilotage, interconnexions), de la résilience face aux canicules et aux tempêtes, et de la question que tout le monde se pose : qui paie ces 100 milliards, et combien ça coûte sur votre facture ?


On a aussi passé en revue les clichés qu’on entend partout. Les renouvelables vont faire tomber le réseau. Le blackout espagnol, c’était la faute du solaire. Les voitures électriques ne passeront jamais. On a déjà le nucléaire, donc tout va bien. Les prix négatifs, c’est de l’électricité gratuite. Être flexible, c’est se priver.


Spoiler : la réponse est rarement celle qu’on croit.


Chapitrage00:00 Introduction


01:33 Devenir prospectiviste du réseau électrique


04:29 RTE, Enedis, et pourquoi la très haute tension


06:34 Pourquoi le réseau doit être équilibré à chaque seconde


07:45 Le vrai frein n'est pas la production


10:44 Produire à l'ouest, consommer à l'est


12:23 Électrification : voitures, pompes à chaleur, industrie, data centers


14:31 Vrai ou faux : les renouvelables vont faire tomber le réseau


16:26 Vrai ou faux : le blackout espagnol, c'est la faute du solaire


18:26 Vrai ou faux : les voitures électriques vont faire sauter le réseau


19:59 Vrai ou faux : la flexibilité, c'est la privation


22:19 Vrai ou faux : on a le nucléaire, donc tout va bien


24:03 Vrai ou faux : prix négatifs = électricité gratuite


29:27 Les leviers : effacement, report, stockage, pilotage, interconnexions


33:17 Rendre le réseau résilient au changement climatique


36:47 Pourquoi on n'enterre pas toutes les lignes


37:40 Modéliser des usages qui n'existent pas encore


39:46 100 milliards d'ici 2040 : ça représente quoi ?


41:15 Qui paie ? Le TURPE et l'impact sur votre facture


43:52 Ce qu'il faut retenir


Références et liensLes travaux de prospective de RTE


Schéma décennal de développement du réseau, édition 2025, le document dont sont tirés les 100 milliards : https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-03/SDDR2025-rapport-complet.pdfBilan prévisionnel 2025, publié le 9 décembre 2025, horizon 2030-2035 : https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-12/BP2025-conference-presse-slides.pdfFuturs énergétiques 2050, l’étude de référence sur les scénarios à l’horizon 2050, en cours d’actualisation. Le document de consultation publique d’avril 2026 : https://assets.rte-france.com/prod/public/2026-04/RTE-Reactualisation-FE-2050-consultation-publique-2026-synthese.pdf



 

On a une électricité stable, décarbonée, et on en vend même 20 % à l’étranger. Alors pourquoi faut-il investir 100 milliards d’euros dans notre réseau électrique d’ici 2040 ?

D’ici 2050, notre consommation d’électricité devra augmenter de 40 à 50 %, avec l’électrification de nos usages : voiture électrique, pompes à chaleur, industrie, centres de données. On parle beaucoup des moyens de produire cette nouvelle électricité, renouvelables, nucléaire, hydrogène. Mais l’offre est déjà en avance sur la demande : on sait aujourd’hui construire des champs solaires plus vite qu’on ne vend des voitures électriques.

Le défi est ailleurs, et on en parle moins : dans les tuyaux qui transportent cette électricité.

Acheminer cette électricité depuis l’ouest, où elle sera produite, vers l’est et le sud, où elle sera consommée. Maintenir l’équilibre entre production et consommation à chaque seconde, alors que l’électricité ne se stocke presque pas. Et rendre le réseau flexible, pour ne pas avoir à le dimensionner pour des pics de consommation qui n’arrivent que quelques heures par an.

Pour comprendre tout ça, j’ai invité Louise Oriol, cheffe du service prospective réseau chez RTE. Son métier : imaginer à quoi devra ressembler notre système électrique en fonction de nos usages futurs.

On a parlé de ce qu’implique la transformation d’un réseau entier sur vingt ans, des quatre leviers de flexibilité (effacement, stockage, pilotage, interconnexions), de la résilience face aux canicules et aux tempêtes, et de la question que tout le monde se pose : qui paie ces 100 milliards, et combien ça coûte sur votre facture ?

On a aussi passé en revue les clichés qu’on entend partout. Les renouvelables vont faire tomber le réseau. Le blackout espagnol, c’était la faute du solaire. Les voitures électriques ne passeront jamais. On a déjà le nucléaire, donc tout va bien. Les prix négatifs, c’est de l’électricité gratuite. Être flexible, c’est se priver.

Spoiler : la réponse est rarement celle qu’on croit.

Chapitrage00:00 Introduction

01:33 Devenir prospectiviste du réseau électrique

04:29 RTE, Enedis, et pourquoi la très haute tension

06:34 Pourquoi le réseau doit être équilibré à chaque seconde

07:45 Le vrai frein n'est pas la production

10:44 Produire à l'ouest, consommer à l'est

12:23 Électrification : voitures, pompes à chaleur, industrie, data centers

14:31 Vrai ou faux : les renouvelables vont faire tomber le réseau

16:26 Vrai ou faux : le blackout espagnol, c'est la faute du solaire

18:26 Vrai ou faux : les voitures électriques vont faire sauter le réseau

19:59 Vrai ou faux : la flexibilité, c'est la privation

22:19 Vrai ou faux : on a le nucléaire, donc tout va bien

24:03 Vrai ou faux : prix négatifs = électricité gratuite

29:27 Les leviers : effacement, report, stockage, pilotage, interconnexions

33:17 Rendre le réseau résilient au changement climatique

36:47 Pourquoi on n'enterre pas toutes les lignes

37:40 Modéliser des usages qui n'existent pas encore

39:46 100 milliards d'ici 2040 : ça représente quoi ?

41:15 Qui paie ? Le TURPE et l'impact sur votre facture

43:52 Ce qu'il faut retenir

Références et liensLes travaux de prospective de RTE

Schéma décennal de développement du réseau, édition 2025, le document dont sont tirés les 100 milliards : https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-03/SDDR2025-rapport-complet.pdfBilan prévisionnel 2025, publié le 9 décembre 2025, horizon 2030-2035 : https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-12/BP2025-conference-presse-slides.pdfFuturs énergétiques 2050, l’étude de référence sur les scénarios à l’horizon 2050, en cours d’actualisation. Le document de consultation publique d’avril 2026 : https://assets.rte-france.com/prod/public/2026-04/RTE-Reactualisation-FE-2050-consultation-publique-2026-synthese.pdf

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