Record de l'extrême droite en Allemagne : la leçon économique
RTBF
Ce dimanche 6 septembre, l'extrême droite allemande a fait son meilleur score depuis la guerre. Depuis, tout le monde nous explique que c'est à cause de l'immigration. Sauf que c'est justement l'une des régions d'Allemagne où il y a le moins d'immigrés. Que s'est-il vraiment passé ? Et pourquoi mille cinq cents milliards d'euros n'ont-ils pas suffi à l'éviter ? Une histoire allemande qui nous concerne beaucoup plus qu'on ne le croit. Explications avec Amid Faljaoui.
Avec 44%, l'extrême droite a réalisé son meilleur score depuis la guerre dans une région de l'ancienne Allemagne de l'Est. Mais ce qui est encore plus frappant que le score lui-même, c'est la mobilisation : les gens sont allés voter en masse. Ce n'était donc pas un vote de gens fatigués ou résignés, mais au contraire un vote de gens très décidés.
Depuis l'annonce des résultats, l'explication dominante est la même partout : la faute revient à l'immigration. Sauf qu'il y a un problème majeur avec cette lecture : cette région est précisément l'une de celles où il y a le moins d'immigrés en Allemagne.
La véritable explication est ailleurs. Lorsque des populations ont le sentiment que le pays a avancé sans elles, elles cherchent un bouc émissaire — et désignent celui qui se voit, c'est-à-dire l'étranger. Mais la véritable raison, elle est dans le portefeuille. On pourrait alors penser que ces régions ont été abandonnées. Or, depuis la chute du mur de Berlin, l'Allemagne de l'Ouest a transféré plus de 1500 milliards d'euros vers l'Allemagne de l'Est. Et cela a fonctionné, en partie : les routes sont belles, les gares sont neuves.
En 1990, un travailleur de l'Allemagne de l'Est produisait deux fois moins que son homologue de l'Ouest. Aujourd'hui, il produit presque autant — mais il gagne toujours 20% de moins. Et depuis une quinzaine d'années, cet écart ne se réduit plus.
Pour comprendre les raisons de cette stagnation et comment cela a mené aux résultats électoraux en Saxe-Anhalt, mais aussi ce que cela nous révèle plus globalement, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Ce dimanche 6 septembre, l'extrême droite allemande a fait son meilleur score depuis la guerre. Depuis, tout le monde nous explique que c'est à cause de l'immigration. Sauf que c'est justement l'une des régions d'Allemagne où il y a le moins d'immigrés. Que s'est-il vraiment passé ? Et pourquoi mille cinq cents milliards d'euros n'ont-ils pas suffi à l'éviter ? Une histoire allemande qui nous concerne beaucoup plus qu'on ne le croit. Explications avec Amid Faljaoui.
Avec 44%, l'extrême droite a réalisé son meilleur score depuis la guerre dans une région de l'ancienne Allemagne de l'Est. Mais ce qui est encore plus frappant que le score lui-même, c'est la mobilisation : les gens sont allés voter en masse. Ce n'était donc pas un vote de gens fatigués ou résignés, mais au contraire un vote de gens très décidés.
Depuis l'annonce des résultats, l'explication dominante est la même partout : la faute revient à l'immigration. Sauf qu'il y a un problème majeur avec cette lecture : cette région est précisément l'une de celles où il y a le moins d'immigrés en Allemagne.
La véritable explication est ailleurs. Lorsque des populations ont le sentiment que le pays a avancé sans elles, elles cherchent un bouc émissaire — et désignent celui qui se voit, c'est-à-dire l'étranger. Mais la véritable raison, elle est dans le portefeuille. On pourrait alors penser que ces régions ont été abandonnées. Or, depuis la chute du mur de Berlin, l'Allemagne de l'Ouest a transféré plus de 1500 milliards d'euros vers l'Allemagne de l'Est. Et cela a fonctionné, en partie : les routes sont belles, les gares sont neuves.
En 1990, un travailleur de l'Allemagne de l'Est produisait deux fois moins que son homologue de l'Ouest. Aujourd'hui, il produit presque autant — mais il gagne toujours 20% de moins. Et depuis une quinzaine d'années, cet écart ne se réduit plus.
Pour comprendre les raisons de cette stagnation et comment cela a mené aux résultats électoraux en Saxe-Anhalt, mais aussi ce que cela nous révèle plus globalement, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
