Pourquoi Revolut n'est pas (encore) une vraie banque
RTBF
Ce matin, on va comprendre une chose simple. Encaisser une commission et prêter de l'argent, ce n'est pas le même métier. Et c'est tout le pari de Revolut, cette application que vous avez sans doute dans la poche, comme l'explique Amid Faljaoui dans sa Chronique économique.
Vous avez probablement Revolut sur votre téléphone — pour les vacances, pour rembourser un ami ou pour éviter des frais de change. Mais votre salaire, lui, arrive toujours chez BNP Paribas, ING, Belfius ou une autre banque traditionnelle. Ce décalage, c'est toute l'histoire du jour. Le Financial Times consacre une longue enquête à Revolut : née en 2015, sans la moindre agence physique, l'entreprise vaut aujourd'hui plus cher que n'importe quelle banque britannique, à une exception près. Sauf que Revolut n'est pas encore vraiment une banque.
Une banque classique prend votre épargne, vous verse un intérêt minuscule et prête cet argent plus cher à quelqu'un d'autre. La différence entre les deux taux, c'est sa marge — c'est le métier des grandes banques depuis toujours. L'essentiel des revenus de Revolut, lui, vient de commissions : le change, le crypto, les paiements par carte, les abonnements. Deux modèles économiques radicalement différents, deux façons opposées de gagner de l'argent.
Prêter de l'argent, c'est donner une somme aujourd'hui et espérer la revoir dans vingt ans. Trois conditions entrent en ligne de compte. D'abord, il faut savoir dire non : une banque est avant tout une machine à refuser des crédits au bon moment, et cela se construit sur des décennies de données. Ensuite, il faut immobiliser du capital derrière chaque prêt. Et enfin, il faut disposer d'une épargne bon marché à prêter. Or, la plupart des utilisateurs de Revolut s'en servent comme d'un outil pratique — ils ne s'y installent pas.
Pour prêter, il faut de l'épargne. Pour avoir de l'épargne, il faut être la banque principale de ses clients. Et pour être la banque principale, il faut de la confiance. Or, selon le Financial Times, l'association de consommateurs britannique Which? a constaté que Revolut concentrait le plus grand nombre de plaintes pour fraude devant le médiateur financier britannique — devant des établissements bien plus grands qu'elle.
On dit parfois que Revolut veut être le Ryanair de la banque. Pour comprendre ce que cela signifie concrètement, et pourquoi la Banque Centrale Européenne a freiné sa croissance en Europe, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui en podcast.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Ce matin, on va comprendre une chose simple. Encaisser une commission et prêter de l'argent, ce n'est pas le même métier. Et c'est tout le pari de Revolut, cette application que vous avez sans doute dans la poche, comme l'explique Amid Faljaoui dans sa Chronique économique.
Vous avez probablement Revolut sur votre téléphone — pour les vacances, pour rembourser un ami ou pour éviter des frais de change. Mais votre salaire, lui, arrive toujours chez BNP Paribas, ING, Belfius ou une autre banque traditionnelle. Ce décalage, c'est toute l'histoire du jour. Le Financial Times consacre une longue enquête à Revolut : née en 2015, sans la moindre agence physique, l'entreprise vaut aujourd'hui plus cher que n'importe quelle banque britannique, à une exception près. Sauf que Revolut n'est pas encore vraiment une banque.
Une banque classique prend votre épargne, vous verse un intérêt minuscule et prête cet argent plus cher à quelqu'un d'autre. La différence entre les deux taux, c'est sa marge — c'est le métier des grandes banques depuis toujours. L'essentiel des revenus de Revolut, lui, vient de commissions : le change, le crypto, les paiements par carte, les abonnements. Deux modèles économiques radicalement différents, deux façons opposées de gagner de l'argent.
Prêter de l'argent, c'est donner une somme aujourd'hui et espérer la revoir dans vingt ans. Trois conditions entrent en ligne de compte. D'abord, il faut savoir dire non : une banque est avant tout une machine à refuser des crédits au bon moment, et cela se construit sur des décennies de données. Ensuite, il faut immobiliser du capital derrière chaque prêt. Et enfin, il faut disposer d'une épargne bon marché à prêter. Or, la plupart des utilisateurs de Revolut s'en servent comme d'un outil pratique — ils ne s'y installent pas.
Pour prêter, il faut de l'épargne. Pour avoir de l'épargne, il faut être la banque principale de ses clients. Et pour être la banque principale, il faut de la confiance. Or, selon le Financial Times, l'association de consommateurs britannique Which? a constaté que Revolut concentrait le plus grand nombre de plaintes pour fraude devant le médiateur financier britannique — devant des établissements bien plus grands qu'elle.
On dit parfois que Revolut veut être le Ryanair de la banque. Pour comprendre ce que cela signifie concrètement, et pourquoi la Banque Centrale Européenne a freiné sa croissance en Europe, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui en podcast.
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