Le baril de pétrole, nouvel arbitre des alliances américaines
RTBF
Quand Washington a taxé le Canada à cinquante pour cent la semaine dernière, tout y est passé : les meubles, les produits laitiers, le bois. Tout, sauf un produit, soigneusement épargné. Ce produit-là raconte à lui seul la politique étrangère américaine du moment. Amid Faljaoui nous explique en quoi cela concerne aussi la Belgique.
Le vendredi 28 août, Donald Trump a annoncé le plus grand accord pétrolier de l'histoire avec le Venezuela. Le Financial Times en a tiré une conclusion très sévère : les États-Unis ne connaîtraient plus d'alliés, seulement des satellites à qui l'on dicte leur conduite. Mais il manque un élément à cette analyse.
Cet élément, c'est une logique en trois étapes. Les Américains se battent contre l'Iran depuis six mois. Et quand il y a une guerre dans le Golfe, le pétrole monte — les acheteurs craignent une rupture des livraisons et paient plus cher pour être servis. Un pétrole cher devient une essence chère. Or aux États-Unis, l'essence n'est pas seulement un sujet économique : c'est aussi un sujet politique. Et avec des élections de mi-mandat en novembre, un président en guerre avec de l'essence chère est un président qui risque de perdre des sièges au Parlement.
Trump a donc puisé dans la réserve stratégique des États-Unis. Mais ce stock se vide, et début août, il était passé sous les 300 millions de barils. Voilà pourquoi le Venezuela entre en scène. L'accord donne aux États-Unis 55% de la production d'une nouvelle société commune, et une partie sera payée en pétrole livré à Washington à prix coûtant — précisément pour remplir cette réserve stratégique.
Parallèlement, les sanctions contre l'Iran ont été lancées le 24 août, mais elles avancent au ralenti : couper réellement le pétrole iranien du marché ferait monter le prix du baril. Trump a aussi réduit les exercices militaires avec la Corée du Sud — ces manœuvres qui entraînent les deux armées à combattre ensemble et signalent à Séoul que l'Amérique viendra en cas d'attaque. Le motif : Séoul a refusé d'aider les États-Unis contre l'Iran.
Le Canada n'est pas mieux loti. Une large gamme de produits canadiens se voit désormais imposer 50% de droits de douane. Tout y passe — sauf un produit ! Pour savoir lequel et comprendre pourquoi le prix du baril détermine les alliances entre les États-Unis et les autres pays, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Quand Washington a taxé le Canada à cinquante pour cent la semaine dernière, tout y est passé : les meubles, les produits laitiers, le bois. Tout, sauf un produit, soigneusement épargné. Ce produit-là raconte à lui seul la politique étrangère américaine du moment. Amid Faljaoui nous explique en quoi cela concerne aussi la Belgique.
Le vendredi 28 août, Donald Trump a annoncé le plus grand accord pétrolier de l'histoire avec le Venezuela. Le Financial Times en a tiré une conclusion très sévère : les États-Unis ne connaîtraient plus d'alliés, seulement des satellites à qui l'on dicte leur conduite. Mais il manque un élément à cette analyse.
Cet élément, c'est une logique en trois étapes. Les Américains se battent contre l'Iran depuis six mois. Et quand il y a une guerre dans le Golfe, le pétrole monte — les acheteurs craignent une rupture des livraisons et paient plus cher pour être servis. Un pétrole cher devient une essence chère. Or aux États-Unis, l'essence n'est pas seulement un sujet économique : c'est aussi un sujet politique. Et avec des élections de mi-mandat en novembre, un président en guerre avec de l'essence chère est un président qui risque de perdre des sièges au Parlement.
Trump a donc puisé dans la réserve stratégique des États-Unis. Mais ce stock se vide, et début août, il était passé sous les 300 millions de barils. Voilà pourquoi le Venezuela entre en scène. L'accord donne aux États-Unis 55% de la production d'une nouvelle société commune, et une partie sera payée en pétrole livré à Washington à prix coûtant — précisément pour remplir cette réserve stratégique.
Parallèlement, les sanctions contre l'Iran ont été lancées le 24 août, mais elles avancent au ralenti : couper réellement le pétrole iranien du marché ferait monter le prix du baril. Trump a aussi réduit les exercices militaires avec la Corée du Sud — ces manœuvres qui entraînent les deux armées à combattre ensemble et signalent à Séoul que l'Amérique viendra en cas d'attaque. Le motif : Séoul a refusé d'aider les États-Unis contre l'Iran.
Le Canada n'est pas mieux loti. Une large gamme de produits canadiens se voit désormais imposer 50% de droits de douane. Tout y passe — sauf un produit ! Pour savoir lequel et comprendre pourquoi le prix du baril détermine les alliances entre les États-Unis et les autres pays, écoutez la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
