Un dinosaure, une étude scientifique et des millions partis en fumée
RTBF
Un objet qui valait 20 millions de dollars il y a trois ans, et qui aujourd'hui en vaut à peine la moitié — sans avoir changé d'un iota. Ce n'est pas une action en Bourse qui s'est effondrée : c'est un squelette de dinosaure. Derrière cette dépréciation surprenante se cache un mécanisme économique aussi inattendu que révélateur. Amid Faljaoui en décrypte les ressorts.
Le marché de l'art est-il devenu complètement fou ? C'est la question que pose le Financial Times dans un article consacré au marché des squelettes de dinosaures — un marché de niche qui en dit long sur la façon dont se fixe un prix lorsque les souvenirs d'enfance s'en mêlent. Il y a trois ans, lors d'une grande foire d'art à Londres, un squelette était proposé pour la bagatelle de 20 millions de dollars. On le présentait alors comme un jeune T-Rex, surnommé Chomper. Ce même squelette sera mis aux enchères fin octobre chez Sotheby's à New York, rebaptisé Jodi — et la maison de vente n'en espère plus que 6 à 9 millions de dollars. Sur le papier, ce dinosaure a perdu plus de la moitié de sa valeur potentielle.
La raison de cette chute ? Une étude scientifique publiée l'an dernier a tranché un débat qui durait depuis des décennies : ces petits tyrannosaures ne sont pas des T-Rex adolescents, mais bien une espèce à part entière. Chomper est ainsi devenu un Nanotyrannus. Et en perdant son \"nom de famille\", il a perdu une bonne partie de son prix.
Le plus étonnant dans cette histoire, c'est que le Nanotyrannus est en réalité bien plus rare que le T-Rex. En économie classique, la rareté fait monter les prix. Seulement voilà, le T-Rex dispose d'un avantage considérable : il a un agent publicitaire, et cet agent s'appelle Steven Spielberg. Depuis Jurassic Park en 1993, toute une génération a grandi avec ce monstre en tête. Sur ce marché, c'est une évidence : on paye la célébrité de l'animal au moins autant que ses os.
Comment les maisons de vente construisent-elles aujourd'hui la mise en scène de ces ventes ? Pourquoi les acheteurs de ce type d'objet avancent-ils souvent à l'aveugle ? Et pourquoi aucun milliardaire américain ne viendra-t-il frapper à la porte du Musée des sciences naturelles de Bruxelles pour racheter les squelettes des Iguanodons de Bernissart ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Un objet qui valait 20 millions de dollars il y a trois ans, et qui aujourd'hui en vaut à peine la moitié — sans avoir changé d'un iota. Ce n'est pas une action en Bourse qui s'est effondrée : c'est un squelette de dinosaure. Derrière cette dépréciation surprenante se cache un mécanisme économique aussi inattendu que révélateur. Amid Faljaoui en décrypte les ressorts.
Le marché de l'art est-il devenu complètement fou ? C'est la question que pose le Financial Times dans un article consacré au marché des squelettes de dinosaures — un marché de niche qui en dit long sur la façon dont se fixe un prix lorsque les souvenirs d'enfance s'en mêlent. Il y a trois ans, lors d'une grande foire d'art à Londres, un squelette était proposé pour la bagatelle de 20 millions de dollars. On le présentait alors comme un jeune T-Rex, surnommé Chomper. Ce même squelette sera mis aux enchères fin octobre chez Sotheby's à New York, rebaptisé Jodi — et la maison de vente n'en espère plus que 6 à 9 millions de dollars. Sur le papier, ce dinosaure a perdu plus de la moitié de sa valeur potentielle.
La raison de cette chute ? Une étude scientifique publiée l'an dernier a tranché un débat qui durait depuis des décennies : ces petits tyrannosaures ne sont pas des T-Rex adolescents, mais bien une espèce à part entière. Chomper est ainsi devenu un Nanotyrannus. Et en perdant son \"nom de famille\", il a perdu une bonne partie de son prix.
Le plus étonnant dans cette histoire, c'est que le Nanotyrannus est en réalité bien plus rare que le T-Rex. En économie classique, la rareté fait monter les prix. Seulement voilà, le T-Rex dispose d'un avantage considérable : il a un agent publicitaire, et cet agent s'appelle Steven Spielberg. Depuis Jurassic Park en 1993, toute une génération a grandi avec ce monstre en tête. Sur ce marché, c'est une évidence : on paye la célébrité de l'animal au moins autant que ses os.
Comment les maisons de vente construisent-elles aujourd'hui la mise en scène de ces ventes ? Pourquoi les acheteurs de ce type d'objet avancent-ils souvent à l'aveugle ? Et pourquoi aucun milliardaire américain ne viendra-t-il frapper à la porte du Musée des sciences naturelles de Bruxelles pour racheter les squelettes des Iguanodons de Bernissart ? Réponses dans la Chronique économique d'Amid Faljaoui.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
