Baisser les taxes sur le carburant, ça paraît simple et ça paraît juste.
RTBF
Depuis samedi, le litre de diesel peut coûter jusqu'à 2,49 euros en Belgique. Le débat politique est donc reparti de plus belle. Le MR propose ce qu'il appelle un cliquet inversé : quand le prix à la pompe dépasse un certain niveau, l'État prend un petit peu moins de taxes sur chaque litre.
Le problème, c'est le prix de cette mesure. Notre ministre des Finances a fait le calcul : ramener le diesel à 2 euros par exemple, donc près de 50 centimes de moins, coûterait environ 200 millions d'euros par mois. Si la crise dure un an, on dépasse les 2 milliards. Et 2 milliards, c'est à peu près ce que l'État espère récolter en vendant 20% du capital de Belfius. Autrement dit, en un an, on dépenserait tout l'argent de cette vente.
Mais il y a un autre argument plus gênant. Il vient d'Allemagne. Au printemps dernier, Berlin a baissé ses taxes sur les carburants d'environ 17 centimes. Un grand institut économique allemand a vérifié ce qui est vraiment arrivé à la pompe. Pour l'essence, presque toute la baisse est arrivée. Mais pour le diesel, seulement les trois quarts. Le reste est resté dans les poches du secteur pétrolier.
En Belgique, les stations essence ne font pas leur prix comme elles le veulent. C'est l'État qui fixe un prix maximum presque chaque jour. Si les taxes baissent, ce prix maximum baisse aussi. Donc la baisse arrive bien à la pompe. Le problème, c'est que ce prix maximum dépend du prix du diesel sur le marché européen. Or, ce jeudi, l'Allemagne a baissé ses taxes jusqu'à la fin de l'année. Donc, si la Belgique baisse aussi les siennes, on continuera, des deux côtés de la frontière, à acheter autant de diesel alors qu'il en manque. Son prix risque de remonter sur le marché. Et notre prix maximum belge remonterait donc avec lui.
e qu'on gagnerait d'une main, on le reperdrait en partie de l'autre. Et c'est là que le débat devient intéressant, voire même un peu surprenant. Normalement, un parti libéral fait confiance au marché. Et sur un marché, quand un prix monte, c'est un signal. Il nous dit que ce produit devient rare et qu'il faudrait en consommer un petit peu moins. Et baisser les taxes, justement, c'est couper ce signal. Les économistes parlent de signal prix.
Qui veut laisser fonctionner cette alarme? La N-VA, surtout pour protéger le budget fédéral. Et qui veut le couper? Le MR, le Parti libéral. On a l'impression que les rôles sont un petit peu inversés.
Découvrez le dernier point qui a été aussi relevé par cet institut économique allemand en écoutant le podcast de la chronique économique d'Amid Faljaoui en tête de cet article.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
Depuis samedi, le litre de diesel peut coûter jusqu'à 2,49 euros en Belgique. Le débat politique est donc reparti de plus belle. Le MR propose ce qu'il appelle un cliquet inversé : quand le prix à la pompe dépasse un certain niveau, l'État prend un petit peu moins de taxes sur chaque litre.
Le problème, c'est le prix de cette mesure. Notre ministre des Finances a fait le calcul : ramener le diesel à 2 euros par exemple, donc près de 50 centimes de moins, coûterait environ 200 millions d'euros par mois. Si la crise dure un an, on dépasse les 2 milliards. Et 2 milliards, c'est à peu près ce que l'État espère récolter en vendant 20% du capital de Belfius. Autrement dit, en un an, on dépenserait tout l'argent de cette vente.
Mais il y a un autre argument plus gênant. Il vient d'Allemagne. Au printemps dernier, Berlin a baissé ses taxes sur les carburants d'environ 17 centimes. Un grand institut économique allemand a vérifié ce qui est vraiment arrivé à la pompe. Pour l'essence, presque toute la baisse est arrivée. Mais pour le diesel, seulement les trois quarts. Le reste est resté dans les poches du secteur pétrolier.
En Belgique, les stations essence ne font pas leur prix comme elles le veulent. C'est l'État qui fixe un prix maximum presque chaque jour. Si les taxes baissent, ce prix maximum baisse aussi. Donc la baisse arrive bien à la pompe. Le problème, c'est que ce prix maximum dépend du prix du diesel sur le marché européen. Or, ce jeudi, l'Allemagne a baissé ses taxes jusqu'à la fin de l'année. Donc, si la Belgique baisse aussi les siennes, on continuera, des deux côtés de la frontière, à acheter autant de diesel alors qu'il en manque. Son prix risque de remonter sur le marché. Et notre prix maximum belge remonterait donc avec lui.
e qu'on gagnerait d'une main, on le reperdrait en partie de l'autre. Et c'est là que le débat devient intéressant, voire même un peu surprenant. Normalement, un parti libéral fait confiance au marché. Et sur un marché, quand un prix monte, c'est un signal. Il nous dit que ce produit devient rare et qu'il faudrait en consommer un petit peu moins. Et baisser les taxes, justement, c'est couper ce signal. Les économistes parlent de signal prix.
Qui veut laisser fonctionner cette alarme? La N-VA, surtout pour protéger le budget fédéral. Et qui veut le couper? Le MR, le Parti libéral. On a l'impression que les rôles sont un petit peu inversés.
Découvrez le dernier point qui a été aussi relevé par cet institut économique allemand en écoutant le podcast de la chronique économique d'Amid Faljaoui en tête de cet article.
--- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 la radio rock'n'pop.
